Réduction du loyer: pour ne pas payer plus que nécessaire
Tout locataire peut demander une réduction de loyer, par exemple en cas de baisse du taux d’intérêt de référence ou de défaut de l’objet loué. Depuis septembre 2025, le taux d’intérêt hypothécaire de référence s’établit à 1,25%, un niveau historiquement bas qui a été confirmé par l’Office fédéral du logement (OFL) en septembre 2026.
Pour un grand nombre de locataires, c’est le moment de vérifier s’ils ont droit à une baisse de loyer. La réduction de loyer n’est toutefois pas automatique: vous devez en faire la demande à votre bailleresse ou bailleur.
Quand avez-vous droit à une réduction de loyer?
Vous avez droit à une réduction dans les quatre cas suivants:
- Baisse du taux d’intérêt de référence sur lequel se base votre loyer
- Défaut de l’objet loué qui en limite l’usage
- Suppression de prestations convenues comme un ascenseur, une buanderie ou une cave
- Loyer initial abusif
Pour le taux d’intérêt de référence, la valeur de référence est toujours le loyer net. Une réduction de loyer n’est jamais automatique: vous devez en faire la demande.
Les règles relatives au montant, aux délais et à la procédure varient en fonction du motif. Le tableau ci-dessous présente les principales différences:
Réduction du loyer: taux d’intérêt de référence et défauts de l’objet locatif
| Critère | Baisse du taux d’intérêt de référence | Défaut de l’objet loué |
| Élément déclencheur | Le taux d’intérêt de référence sur lequel est basé le loyer a baissé | Le défaut restreint l’usage du logement |
| Montant | Pourcentage fixe, défini en fonction du taux de base | Selon la restriction; pas de barème légal |
| Procédure pour faire valoir ses droits | Demande écrite de réduction de loyer | Signalement écrit des défauts |
| Entrée en vigueur | À la prochaine date de résiliation possible, en respectant le délai de résiliation | Du signalement des défauts jusqu’à leur élimination |
| Effet rétroactif | Aucun | Effet rétroactif à partir du signalement des défauts, limité par un délai de prescription de 5 ans |
| Recours à l’autorité de conciliation | 30 jours après réception du refus; 60 jours après l’envoi de la demande, en l’absence de réponse | Pas de délai fixe; 30 jours en cas de consignation du loyer |
Quel montant de réduction de loyer pouvez-vous demander?
Si le taux d’intérêt de référence baisse de 0,25%, la réduction possible du loyer net est de 2,91%. La valeur lors de la conclusion du contrat ou de la dernière adaptation de loyer est déterminante. Elle figure dans le contrat de bail ou dans la dernière notification de la bailleresse ou du bailleur.
Actuellement, le taux d’intérêt de référence s’établit à 1,25%. Valable depuis le 2 septembre 2025, il a été confirmé le 1er septembre 2026. L’OFL publie le taux d’intérêt de référence tous les trimestres, en mars, juin, septembre et décembre. La prochaine publication aura lieu le 1er décembre 2026.
Le droit à une réduction de loyer est de 2,91%, tant que le taux de référence reste inférieur à 5%. La règle d’or est la suivante: une baisse est possible dès lors que le loyer repose encore sur un taux de référence égal ou supérieur à 1,5%.
Le montant de la réduction de loyer dépend de la base de calcul du loyer actuel. En cas de baisse en raison du taux d’intérêt de référence, 40% du renchérissement et des augmentations générales des frais peuvent en effet être pris en compte.
Réduction de loyer pour un taux de référence de 1,25%
| Votre loyer est basé sur un taux de | Droit à une réduction de |
| 1,50% | 2,91% |
| 1,75% | 5,66% |
| 2,00% | 8,26% |
À combien s’élève la réduction de loyer en cas de défaut?
Le montant de la réduction de loyer dépend de l’ampleur avec laquelle le défaut entrave l’utilisation du logement. Il n’existe aucun barème légal imposant des pourcentages fixes. La jurisprudence va d’un faible pourcentage en cas d’appareil défectueux à 100% lorsque le logement n’est plus habitable.
Pour qu’une prétention existe, trois conditions doivent être remplies:
- Vous n’êtes pas vous-même à l’origine du défaut
- Le défaut ne fait pas partie des menus travaux d’entretien que les locataires doivent prendre à leur charge
- Vous avez informé la bailleresse ou le bailleur du défaut et de la demande de réduction de loyer, de préférence par courrier recommandé
Le droit prend effet à partir du signalement des défauts et dure jusqu’à leur élimination.
Exemples tirés de la jurisprudence suisse
| Défaut | Réduction |
| Lave-vaisselle inutilisable | 3% |
| Panne d’ascenseur, appartement au 4e étage | 10% |
| Grand chantier entraînant des nuisances sonores importantes, prise en compte de la situation et de l’état du logement | 10-20% |
| Température ambiante en permanence entre 15 et 18 degrés pendant les mois d’hiver | 20% |
| Travaux de transformation dans l’appartement du dessus | 25% |
| Dégât d’eau dans toutes les chambres | 40% |
| Logement inhabitable à cause d’une panne de chauffage | 100% |
Comment demander une réduction de loyer?
Pour demander une réduction de loyer, adressez-vous à votre bailleresse ou bailleur par écrit, de préférence par courrier recommandé, avant le délai de résiliation. Il est recommandé de procéder comme suit:
- Vérifier le taux d’intérêt de référence dans le contrat de bail: comparez la valeur qui y figure ou celle fixée lors de la dernière adaptation avec le niveau actuel de 1,25%. Si la première valeur est plus élevée, vous avez droit à une réduction.
- Clarifier son droit à l’avance: la bailleresse ou le bailleur peut compenser une partie du renchérissement ainsi que la hausse des frais d’exploitation et d’entretien. La réduction à laquelle vous avez effectivement droit est donc inférieure à la simple différence de taux. Une réserve sur le loyer mentionnée dans le contrat peut également être imputée sur le montant dû. La bailleresse ou le bailleur se réserve ainsi le droit d’augmenter le loyer ultérieurement. En fonction du montant de la réserve, votre réduction sera donc moindre ou entièrement supprimée. Par conséquent, calculez votre droit avant d’effectuer la demande, par exemple à l’aide du calculateur de l’association des locataires. En cas de doute, mieux vaut solliciter un conseil juridique.
- Formuler la demande par écrit: réclamez une réduction du loyer net pour cause de baisse du taux d’intérêt de référence et demandez à obtenir une réponse sous 30 jours. Pour la formulation, vous pouvez vous aider d’une lettre type ou d’un formulaire de demande de réduction de loyer, par exemple le modèle de MyRight.
- Envoi en courrier recommandé: envoyez la lettre de manière à ce qu’elle parvienne à la bailleresse ou au bailleur avant le début du délai de résiliation.
- Attendez sa réaction et vérifiez: si vous n’obtenez aucune réduction, ou si la réduction n’est que partielle, envisagez d’autres démarches et faites-vous conseiller à temps.
Vous pouvez soumettre votre demande à tout moment, mais celle-ci ne prendra effet qu’à la prochaine date de résiliation possible, sous réserve du respect du délai de résiliation. Les autres délais sont les suivants: la bailleresse ou le bailleur a 30 jours pour prendre position. Un refus injustifié peut être contesté auprès de l’autorité de conciliation dans les 30 jours suivant sa réception. En l’absence de réponse, le délai est de 60 jours au maximum à compter de l’envoi de la demande.
Que vous apporte l’assurance de protection juridique?
En cas de litige relatif à une réduction de loyer, l’assurance de protection juridique est à vos côtés du premier examen jusqu’à la procédure de conciliation.
- Vérification de votre contrat de bail et calcul de votre droit à la réduction
- Formulation de la demande de réduction
- Examen de la réponse de la bailleresse ou du bailleur
- Accompagnement dans la procédure de conciliation et prise en charge des frais d’avocat et de justice
Questions fréquentes concernant la réduction de loyer
Que faire lorsque la bailleresse ou le bailleur refuse une réduction de loyer?
Si votre demande est refusée, demandez une justification écrite et faites-la examiner. Si la bailleresse ou le bailleur maintient son refus, vous pouvez saisir l’autorité de conciliation.
L’absence de réponse de la bailleresse ou du bailleur est également considérée comme un refus. La procédure de conciliation en matière de bail est gratuite et vise à parvenir à un accord. Si aucun accord n’est trouvé, le cas peut être porté devant les tribunaux. Une assistance juridique est alors recommandée, ce qui engendre des frais.
Les procédures liées au taux de référence sont soumises à des délais fixes. Après un refus, vous avez 30 jours pour saisir l’autorité de conciliation. En cas de défaut, ce délai ne s’applique pas. Le droit existe dès que la bailleresse ou le bailleur a connaissance du défaut et s’éteint à l’élimination de ce dernier. Le délai de prescription est de cinq ans.
La réduction de loyer est-elle automatique?
Non, une réduction de loyer motivée par une baisse du taux d’intérêt de référence doit être activement sollicitée par les locataires. La loi impose de soumettre une demande écrite de réduction de loyer à la bailleresse ou au bailleur. Rares sont les bailleresses et bailleurs qui accordent spontanément la réduction de loyer correspondante.
Dans le cas d’un défaut de la chose louée, en revanche, un signalement écrit suffit dans un premier temps. À des fins de preuve, celui-ci doit être envoyé si possible par courrier recommandé.
Peut-on demander rétroactivement une réduction de loyer?
Il n’y a pas d’effet rétroactif en matière de taux d’intérêt de référence; la réduction de loyer ne prend effet qu’à la prochaine date de résiliation. En cas de défaut, le droit court rétroactivement à partir de la date de signalement, moyennant un délai de prescription de cinq ans.
Le loyer peut-il augmenter si le taux de référence est relevé?
Oui, le taux d’intérêt de référence fonctionne dans les deux sens: lorsqu’il monte, le loyer peut augmenter; lorsqu’il descend, le loyer peut être réduit.
La bailleresse ou le bailleur peut également augmenter le loyer pour d’autres raisons, par exemple en cas de renchérissement accru, de frais d’exploitation et d’entretien plus élevés ou de rénovations entraînant une hausse de la valeur du logement.