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Testament, héritage, enterrement: tour d’horizon des principales questions juridiques

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Quelles sont les conditions à remplir pour que mon testament soit valable? Suis-je entièrement libre de décider qui héritera de mon patrimoine? Dans quels cas puis-je renoncer à un héritage? Et qu’advient-il des affaires dont personne ne veut?

Isabelle Näf, avocate et experte en droit successoral, répond aux principales questions qui se posent en matière d’héritage et d’obsèques. 

Comment dois-je rédiger mon testament pour qu’il soit valable et que mes dernières volontés soient respectées?

En Suisse, deux formes de testament sont valables: le testament olographe et le testament public.

Le testament olographe doit être entièrement écrit de votre main, daté et signé. Je vous recommande de le faire relire par un notaire, un avocat ou un juriste afin d’éviter tout malentendu. Selon les circonstances, il peut être judicieux de joindre au testament un certificat médical attestant votre capacité de discernement. De la sorte, votre testament ne pourra pas être invalidé pour cause démence, par exemple.

Le testament public est quant à lui rédigé avec un notaire et authentifié par ce dernier ainsi que par deux autres témoins. Les témoins ne peuvent ni être des membres de votre famille, ni figurer dans votre testament. Le testament public est ensuite déposé auprès de l’office des successions ou chez le notaire.

Qui puis-je désigner en tant qu’héritiers? À quelle part de la succession les différents héritiers ont-ils droit en vertu de la loi? 

Sont prioritaires à cet égard le conjoint survivant (dans le cas d’un mariage ou d’un partenariat enregistré) et les descendants, à savoir les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants.

Si la personne décédée n’était ni mariée ni liée par un partenariat enregistré et si elle n’avait pas d’enfants, ce sont ses parents ou leurs descendants (frères et sœurs du défunt) qui héritent.

En l’absence de parents et de descendants de ces derniers, la succession revient aux grands-parents et/ou à leurs descendants.

Si la personne décédée ne laisse aucun héritier, la succession revient au canton dans lequel elle avait son dernier domicile ou à la commune considérée comme ayant-droit conformément à la législation de ce canton.

Dans quelles circonstances puis-je contester un testament?

Vous pouvez contester un testament s’il est entaché d’un vice de forme: par exemple s’il n’a pas été signé ou daté ou si le document n’a pas été écrit à la main.

Mais aussi s’il est établi que le testateur était incapable de discernement, si le testament contient des clauses immorales ou illicites (par exemple si un héritage est subordonné à la condition que l’héritier exerce préalablement une violence physique à l’encontre d’autrui) ou si le droit de disposition a été outrepassé (non-respect de la réserve héréditaire, par exemple).

Qu’est-ce que la réserve héréditaire?

La réserve héréditaire est une part de la succession qui est garantie pour les descendants, les parents, l’époux/épouse ou le/la partenaire enregistré. 

La réserve héréditaire est protégée par la loi. Un testament ne peut priver un héritier de sa réserve héréditaire.

Isabelle Näf, experte juridique chez AXA-ARAG

Qui a droit aux prestations d’assurance et de prévoyance?

Ce droit est réglé par le contrat ou la police d’assurance. Dans la plupart des cas, il revient à l’époux/épouse.

J’ai hérité. Que dois-je faire au moment de remplir ma déclaration fiscale?

Vous devez indiquer cet héritage dans votre déclaration et y joindre une dernière déclaration de revenus au nom de la personne décédée.

Peut-on renoncer à un héritage? Dans quels cas est-ce que cela peut être judicieux?

Vous avez un délai de trois mois pour renoncer à un héritage. C’est une décision judicieuse si la succession est insolvable, c’est-à-dire si vous héritez non d’un patrimoine, mais de dettes. Car il est bon de rappeler que l’on peut aussi hériter de crédits non remboursés, de paiements échelonnés ou d’hypothèques.

Deux conseils à ce sujet:

1. N’emportez aucun objet ou valeur appartenant au défunt si vous n’êtes pas sûr d’accepter l’héritage. En effet, vous ne pourriez alors plus renoncer à la succession. Quiconque intervient dans une succession avant que le partage de celle-ci n’ait été finalisé est automatiquement considéré comme ayant accepté l’héritage, même s’il ne l’a pas déclaré explicitement.

2. Si le délai de trois mois ne vous suffit pas pour répudier la succession, demandez une prolongation en temps utile.

Qui hérite si je répudie la succession de mes parents, dont je suis l’unique enfant?

Si vous renoncez à votre héritage, ce sont les héritiers légaux suivants en Suisse qui hériteront à votre place.  Si tous les héritiers légaux suivants répudient la succession, aucun autre héritier ne peut se substituer à eux. Dans ce cas, c’est l’office des faillites qui se charge de liquider la succession, car on présume que la succession est insolvable.

Si vous héritez, vous avez tout intérêt à vous faire rapidement une idée de la situation financière de la personne décédée. En effet, vous répondrez de ses dettes sur votre fortune personnelle.

Isabelle Näf, experte juridique chez AXA-ARAG

Qu’advient-il des meubles et autres objets dont personne ne veut?

Si vous acceptez l’héritage, que ce soit seul ou avec une communauté d’héritiers (vos frères et sœurs, par exemple), vous êtes libre de vendre, offrir ou mettre au rebut les objets dont personne ne veut. Si la succession est mise en faillite, c’est l’office des faillites qui décide du sort réservé aux objets qui appartenaient au défunt.

Qu’en est-il des contrats qui avaient été conclus par la personne décédée?

Les contrats strictement personnels (contrat de travail, par exemple) prennent fin au décès du signataire. D’autres contrats, tels qu’un bail, peuvent être résiliés avec des droits spéciaux: en cas de décès du locataire, ses héritiers peuvent ainsi dénoncer le bail pour l’échéance légale suivante en respectant le délai de préavis. Tous les autres contrats sont transmis aux héritiers.

Quelle est la différence entre legs et héritage?

Le bénéficiaire d’un legs n’a pas le statut d’héritier et ne fait pas partie de la communauté héréditaire. Il peut uniquement prétendre à la remise ou au versement du legs. À la différence d’un héritier, il n’est pas responsable des dettes du défunt.

Les funérailles font-elles aussi partie de la succession?

Les frais funéraires font partie intégrante de la succession.  On considère toutefois que les héritiers se sont acquittés de leurs obligations légales une fois qu’ils ont pourvu à l’inhumation. Ils ne sont pas tenus d’entretenir la tombe, ni de prendre en charge les frais d’entretien de celle-ci.

Qu’entend-on par passif successoral?

Ce terme désigne les dettes dont doivent répondre les héritiers vis-à-vis des créanciers de la personne décédée. Peuvent en faire partie, la facture de l’entreprise de pompes funèbres, des factures non acquittées d’artisans ou d’autres dettes. 

La prise en charge des frais funéraires fait partie des obligations incombant aux parents proches du défunt, même si ceux-ci ont renoncé à l’héritage.

Isabelle Näf, experte juridique chez AXA-ARAG

Qui doit payer les funérailles de mon père ou de ma mère?

Les proches survivants sont tenus de payer les frais liés aux funérailles, à l’inhumation et à la tombe en puisant dans la succession.

Si la succession ne permet pas de couvrir l’intégralité des frais, seuls les héritiers directs doivent en répondre sur leurs deniers personnels, à savoir: l’époux/épouse, le/la partenaire enregistré(e), les enfants et les parents. On considère en effet que la prise en charge de ces frais fait partie des obligations incombant aux parents proches du défunt, même si ceux-ci ont renoncé à l’héritage.

Bon à savoir: certaines communes de Suisse prennent en charge les frais funéraires si le patrimoine du défunt ne suffit pas à les couvrir. Les proches doivent alors déposer une demande et ne sont pas autorisés à mandater eux-mêmes l’entreprise de pompes funèbres, mais doivent se porter garants du paiement de la facture.

Si la mort est due à un accident, l’assurance-accidents obligatoire (par exemple la Suva) prend à sa charge une partie des frais funéraires.

Quels sont les types de sépulture autorisés en Suisse?

l’incinération (crémation), l’enterrement en pleine terre et la mise en caveau.

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